Mots de nos partenaires
« Qu’est-ce que goûte mon panier ? »
Partenaire du programme d’Agriculture Soutenue par la Communauté (ASC) d’Équiterre à la ferme Les Jardins du petit tremble, le citadin que je suis a eu l’envie de goûter au travail des champs.
En effet, outre la réception hebdomadaire du panier bio au point de chute, l’ASC souhaite aussi tisser un lien social entre l’agriculteur et le citadin. Entre le producteur et le consommateur. Ce lien permet aussi au partenaire de savoir qui se cache derrière ces énormes feuilles de bette à carde tout en découvrant quelles sont les différentes étapes qui aboutissent à un mélange varié de légumes et de fruits dans les paniers
Et pour le fermier, l’ASC est une manière de comprendre les motivations des gens de la ville qui veulent soutenir l’agriculture biologique et local.
Me voilà donc au bord du Richelieu, un dimanche matin, accueilli par François et Johanne à leur ferme. Au menu, cinq jours où le partenaire devient travailleur saisonnier, « travailleur uni de l’agriculture » comme se plaît à le mentionner François.
1ère observation : même un dimanche, la grasse matinée n’est pas de mise. Johanne et le couple de jeunes qui les aide, Marie-Ève la Québécoise et Andrew son Écossais, sont à la cueillette dans le champ depuis sept heures du matin. Objectif : remplir la centaine de paniers pour la semaine qui s’annonce. Planté au milieu des pois mange-tout, j’apprends à cueillir ces petits légumes tout en faisant plus ample connaissance avec le milieu rural, en particulier celui de la production biologique. La cueillette à la main en est un exemple. Tout se fera à la main, du désherbage à la cueillette.
Après les pois mange-tout, nous voilà plongé dans les haricots jaunes, verts et mauves jusqu’à la fin de l’après-midi. L’avantage d’une culture diversifiée comme celle de la ferme Les Jardins du petit Tremble, c’est qu’on ne se lasse pas de chaque opération, passant d’un champ à un autre, d’un légume à un autre. En cinq jours de cueillette, j’aurai fait plus ample connaissance avec une vingtaine de variétés sur plus de cinquante présentes dans les champs!
Tout cela sans oublier aussi les animaux qui font partie intégrante de l’univers de la ferme. Les poules pondeuses, les poulets de chair, les canards, les dindes, les lapins, les chevreaux, les cochons et les moutons ! Chacun a sa place, son enclos, sa nourriture et sa place au soleil. Les moutons et les chevreaux auront même le privilège de passer la fin de leur été dehors, dans un enclos spécialement aménagé. Ce fut d’ailleurs tout un défi de les amener d’un point A à un point B. Alors que le chevreau, curieux, s’arrête toutes les 30 secondes pour manger le feuillage ici et là, le mouton, lui, suit le précédent. Il suffit donc que le premier parte dans la mauvaise direction, ce qui fut le cas, pour que les trois se retrouvent à faire l’école buissonnière!
Les premières journées furent longues (de 7h à 20h dans les champs) et physiques (debout, accroupi, sur le tracteur, à porter les paniers, désherber et cueillir les légumes). Mais le plaisir de découvrir ce monde à mes yeux inconnus reléguait les différentes douleurs bien loin derrière. Et, à ce moment-là, naît un certain respect pour le travail de l’agriculteur. En effet, en recevant nos paniers ou en faisant notre épicerie, on n’imagine pas ou peu le travail en amont. Dans les magasins d’alimentation, les salades bien propres ne montrent pas la terre qui leur a permis de pousser. L’ail ne sent pas aussi fort que la douleur d’arracher les gousses au milieu du chardon.
L’agriculture biologique demande bien du courage. Tout d’abord, il est bon de connaître les solutions alternatives et écologiques à toutes les éventualités et les problèmes qui peuvent survenir (et multipliez ces connaissances par le nombre de légumes cultivés !). Par la suite, il faut accepter que les productions soient au rythme de la météo ainsi que du temps et de l’effort que l’on peut consacrer à l’entretien des plants.
Mais le plaisir de cueillir les fruits et légumes après tous ces efforts en vaut, à mon avis, la peine : les bleuets qui cette année ont bien poussé ; les fleurs comestibles qu’on se fait un plaisir de ramasser tout autour de la ferme, petit panier à la main ; les courges d’été cachées derrière leur longues feuilles ; l’odeur parfumée des tomates lorsqu’on désherbe les rangs.
Après la cueillette et l’entretien des rangs de légumes, il a fallu transformer cette montagne d’aliments en paniers. C’est là que se met en place un véritable casse-tête orchestré de main de maître par Johanne afin que tous les partenaires soient comblés. Les quelques heures à jongler entre les quantités et la qualité aboutiront, au final, à une centaine de paniers qui partiront en milieu de semaine vers les différents points de chute couverts par la ferme.
Ce séjour champêtre fut pour moi l’occasion de découvrir un univers peu connu. À l’avenir, je regarderai différemment les légumes que je reçois dans mes paniers. J’y verrai l’effort de gens amoureux de la nature et soucieux d’offrir des aliments de qualité à la population locale.
Merci à Johanne et François pour m’avoir permis de vivre cinq jours dans la peau d’un travailleur saisonnier … certifié biologique !
Merci à Marie-Ève et Andrew pour m’avoir aider à finir mes rangées de désherbage !
Merci à Aglaé pour sa bonne humeur !
Arthur Lacomme ( partenaire du Plateau )
... J'ajouterais pour finir que le mercredi soir est une vraie petite fête pour Nathaniel et moi: en l'espace de quelques minutes le stationnement asphalté de la rue Berri se transforme en champs de fruits et légumes. Nous oublions alors le tourbillon extérieur pour nous enraciner dans les couleurs et les parfums des paniers. Le poids de la terre que nous ramenons à la maison colore à son tour la blancheur du frigo. C'est magique et je vous tire mon chapeau: merci d'être la !
Bisous à tous les deux,
Blandine (partenaire du Plateau)
